Le football, ce sport que j’ai appris à aimer, que j’ai vu et vécu avec passion pendant des années, est devenu une source de déception et de révolte. Ce n’est plus le même football qu’autrefois. Autrefois, les terrains étaient des lieux où la compétition saine et les valeurs partagées régnaient. Aujourd’hui, ils sont devenus le théâtre de violences verbales et physiques qui n’ont rien à faire sur un terrain de football.

En tant que parent, cette évolution est difficile à accepter. Chaque semaine, je me retrouve à crier, à protéger mon enfant, à lui enseigner comment réagir face aux agressions verbales et physiques, ou comment éviter de sombrer dans une spirale de violence et de provocations. Le football était censé être un lieu de plaisir et de développement personnel, pas un lieu de tension permanente.

Le respect est devenu une notion de plus en plus floue, presque optionnelle. Mais pourquoi en est-on arrivé là ? Le respect de l’adversaire, des arbitres, des éducateurs, et surtout des joueurs, doit redevenir la norme et non l’exception. C’est pourtant la base de ce sport. Sans respect, il n’y a pas de jeu, il n’y a pas de plaisir. Les jeunes joueurs ne sont pas des gladiateurs. Ils sont là pour progresser, s’amuser, et apprendre, qu’ils gagnent ou perdent. Une erreur, un mauvais geste ou un mauvais match ne justifie en aucun cas les insultes, les agressions verbales ou physiques.

Le respect des arbitres doit également être rappelé. Oui, les arbitres peuvent faire des erreurs – comme tout le monde. Mais leur rôle est essentiel au bon déroulement d’un match. Crier sur eux, les insulter ou les remettre en question systématiquement ne fait qu’aggraver la situation, envenimant un environnement déjà tendu. Les arbitres, comme les joueurs, méritent d’être respectés. Il est important de comprendre que les erreurs font partie du jeu et de les accepter avec sportivité.

Quant aux éducateurs, leur rôle doit être mis en lumière. Leur mission va bien au-delà de la technique ou de la tactique. Ils sont là pour transmettre des valeurs humaines fondamentales : le respect, la discipline, le travail en équipe, et la gestion des émotions. Leur rôle est de guider les jeunes dans leur apprentissage du sport et dans leur développement personnel. Ils ne doivent pas être systématiquement mis en question à chaque décision. Les éducateurs ne sont pas des adversaires à défier, mais des mentors qui aident nos enfants à grandir, tant sur le terrain qu’en dehors.

En tant que parents, nous avons également un rôle primordial à jouer. Nous devons soutenir, encourager et créer un environnement de jeu sain et respectueux. Ce n’est pas à nous de coacher nos enfants depuis les bords du terrain ni de faire pression sur eux pour qu’ils réussissent à tout prix. Notre mission est d’être des modèles positifs, d’encourager la bienveillance et l’esprit sportif.

Je suis convaincu que, pour retrouver l’essence de ce sport, pour redonner au football sa dimension humaine et respectueuse, nous devons agir ensemble. Le changement ne doit pas reposer uniquement sur les épaules des clubs ou des instances dirigeantes, mais sur l’ensemble des acteurs de ce sport. Il est essentiel de renforcer l’éducation au respect, de développer une approche plus préventive et psychologique, plutôt que de se contenter de sanctions qui ne feront que maintenir une dynamique de confrontation.

Il est devenu inadmissible de venir sur un terrain avec la peur au ventre. Il est devenu insupportable de se retrouver dans une situation où l’on hésite à emmener son enfant au stade, à cause de la crainte d’une escalade de violence. Le football doit rester un lieu d’apprentissage, de plaisir, d’amitié et de partage, pas un champ de bataille.

Le football amateur est un trésor. Protégeons-le.

En tant que spécialiste en psychopédagogie positive, j’accompagne joueurs, parents et éducateurs dans la gestion des émotions et des comportements en milieu sportif. Je suis également ouverte à des échanges avec les clubs, associations et structures sportives pour réfléchir ensemble à des actions concrètes et adaptées. Si vous souhaitez en discuter ou organiser une rencontre sur ce sujet, n’hésitez pas à me contacter.